Ce matin, le marché sentait la terre mouillée et le basilic frais. Les tomates anciennes s'empilaient en pyramides irrégulières, certaines presque noires, d'autres striées de jaune et de rouge. J'ai choisi les plus lourdes, celles qui cèdent légèrement sous le pouce. La vendeuse m'a glissé : « Celles-là, c'est pour aujourd'hui, pas pour demain. » J'ai souri. Elle avait raison.
De retour à la maison, j'ai tranché la première tomate. Le jus a coulé sur la planche, presque sucré, avec cette acidité vive qui réveille. Je me suis souvenue des étés chez ma tante en Provence, quand elle nous servait des tomates encore tièdes du jardin, juste avec du sel et un filet d'huile. Rien d'autre. C'était suffisant.
J'ai voulu tester quelque chose de simple : une salade de tomates avec deux huiles différentes. D'un côté, mon huile d'olive fruitée de Sicile. De l'autre, une huile plus douce, presque neutre. Même tomates, même sel, même basilic.